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Se « pitcher » en bas

Avoir envie de se crisser en feu;

On dit pas des affaires « de même » là.

Alors comment on doit les dire? Tout le monde en parle, mais ce n'est pas permis d’en parler?


Ça m’a frappé quand, l’autre jour, j’ai croisé une de mes amies de longue date dans les allées de l’école. Elle m’a demandé, comme tout le monde, « Ça va toi? » et moi de répondre presque robotiquement « bin oui toi? ». Alors qu’en fait, je passais vraiment une journée de marde. Est-ce qu’on a si peur d’affronter les réelles émotions des autres qu’on est prêts à même s’empêcher de parler, de se montrer aux yeux du monde? J’crois vraiment que j’ai pas envie d’adhérer à ce mouvement-là. En fait, non, j'en n'ai pas envie.


Imaginez si les émotions qu’on trouve négatives faisaient juste contribuer au fait que 3 québécois par jour se suicident! Seriez-vous étonnés si je vous disais que ce sont des vraies données? Ce qui veut dire en moyenne 30 personnes par jour qui tombent dans le deuil. Mais « ça va »... Vous ne voyez pas qu’il pourrait très bien y avoir une corrélation? Et pourtant, ça reste un sujet encore tellement tabou.


On s’interdit d’en parler. Quelqu’un ose finalement partager cette pensée qui nous a clairement tous déjà traversé l’esprit pendant une heure de grande écoute et tout ce que ça crée, c'est un immense malaise. Eh oui, ça rejoint tout le monde. Eh oui, c'est plus que correct d'en parler.


Le suicide, c’est une détresse profonde. Et le fait d’avoir la force d’en parler à autre que notre propre coco, c’est la preuve même d'un désir incommensurable d’avoir de l’aide, de chercher la petite étoile qui nous permet de continuer à briller.


Et si le fait de vivre les émotions qu’on ressent jusqu’au bout nous aidait à laisser passer le courant? Nous ne sommes pas des barrages électriques. Pas besoin de se bloquer jusqu’à ce qu’il y ait assez d’eau pour créer une vague, un déversement, une avalanche, un tsunami.


Et si on abolissait les standards qui nous interdisent de garder ces images sombres pour nous? Et si quand je te croisais je te répondais: « Non ça ne va pas aujourd’hui, mais j’travaille là-dessus! »


J’ai pas envie de peser mes mots, et encore moins ceux-là, ils sont beaucoup trop lourds. L’idée qu’on n'est jamais assez, ça rentre dans la tête. Ce n'est pas normal. Plus jamais je vais m’excuser d’avoir pleuré parce que j’ai choisi de m'écouter. Plus jamais je vais m’excuser de m’être accotée dans mon émotion et d’avoir pris le temps de la vivre comme je sentais que je devais le faire.


Le système a vraiment besoin de changer. Et c’est pour ça, qu’aujourd’hui, je prends un moment pour parler d’un sujet qui ne me fait pas peur: le suicide. Il ne devrait pas vous faire peur à vous non plus, parlez-en!


Nos mots sont importants. Les retenir, c’est prendre le risque qu’ils ne soient jamais devinés, je ne suis pas prête à prendre ce risque-là.


« J'dis ce que j'pense. » - Hubert Lenoir, Tout le monde en parle, 14 octobre 2018.


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